Tronc commun d'histoire des établissements d'enseignement supérieur : Le Pictomonde
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Tronc commun d'histoire des établissements d'enseignement supérieur : Le Pictomonde
Leçon numéro un : Structure sociale de l'ère de la Toile En l'an 2149 de l'ère d'Arcadie, lorsque Graphia dissimula l'ancien Benzaitengoku dans sa toile, Planarcadia entra dans ce qui devint connu sous le nom « d'ère de la Toile » : c'était l'époque du Pictomonde. Bien que le Pictomonde et le monde réel existent dans des dimensions différentes avec des lois physiques distinctes, ceux qui y vivent peinent souvent à percevoir la moindre différence entre les deux. Pourtant, un isolement complet du monde extérieur permet inévitablement au nihilisme de se propager comme une épidémie. La société perd sa vitalité, les individus errent dans la vie comme des âmes en peine, tout comme une peinture qui ne change jamais. Pour briser cette impasse, les gens placèrent leurs espoirs dans une cérémonie ancestrale : les « Jeux Fabulunaires ». En sélectionnant des Pèlerins appropriés et en les faisant accomplir toutes sortes d'exploits incroyables, ils pouvaient apporter de la joie grâce au Pouvoir de l'Allégresse, ravissant tous les êtres vivants et insufflant une nouvelle Vie à la peinture. Les vainqueurs des Jeux Fabulunaires et leurs familles étaient généralement censés assumer la gestion quotidienne et les obligations connexes du Pictomonde, en devenant de facto les responsables (bien qu'un nombre considérable de vainqueurs aient choisi d'effacer les archives de leur victoire, évitant ainsi avec succès cette responsabilité). Ce n'est qu'après l'intervention de la Corporation pour la Paix Interastrale, survenue après son émergence de la toile, que les opérations et la gestion de Planarcadia se sont progressivement découplées des Jeux Fabulunaires. Le roi du divertissement Durant l'ère de la toile, les Jeux Fabulunaires avaient lieu en moyenne tous les 30 à 50 ans. Le vainqueur de chaque édition des Jeux Fabulunaires était appelé le « Roi du divertissement », et celui-ci pouvait avoir une audience directe avec l'Aiôn de l'Allégresse et emprunter temporairement son pouvoir pendant une minute. (Il existe de nombreuses théories différentes concernant le titre exact du vainqueur, « Roi du divertissement » n'étant que la plus crédible à ce jour. « Super amateur de fun », « Duc de l'Allégresse », « Empereur du Haha »... La communauté archéologique a réalisé plusieurs avancées majeures concernant la vérité historique, mais chaque titre s'est finalement révélé porter les traces des Fictionnistes de l'histoire.) Le roi du divertissement portait en lui les aspirations au changement de la population. Si la majorité de ces élus marqua durablement les annales de Planarcadia, une minorité échoua dans sa mission, gâchant une chance précieuse. On cite le cas d'un roi dont l'unique désir fut d'apercevoir Aha, dédaignant totalement les pouvoirs de l'Allégresse. Sa faute fut d'autant plus grave qu'il ne transmit jamais la moindre description de la forme réelle d'Aha aux citoyens. Néanmoins, l'organisation des Jeux Fabulunaires engendra en soi des bouleversements majeurs. Loin du formalisme vide précédant l'ère des Cendres, les Jeux de l'ère de la Toile sombrèrent dans une débauche de folie. On se livrait à des farces sans la moindre retenue, multipliant les plaisanteries les plus cruelles, jusqu'à ce que l'événement ne devienne une bacchanale universelle. L'aristocratie du Pictomonde Durant l'ère des Cendres, certaines factions s'illustrèrent par de hauts faits d'armes au cours des guerres. Elles ont continué à croître et prospérer pendant l'ère de la Toile, évoluant progressivement pour devenir plusieurs familles aristocrates autochtones. Parmi les plus célèbres figurent la famille Graphia, pionnière dans la technologie de l'imagénèse ; la famille Alpha, reconnue pour son savoir-faire en matière d'armes ; et la famille Noor, qui avait autrefois rallié de nombreux renforts militaires venus d'au-delà du ciel. Grâce à leur prestige et leur richesse considérables, ainsi qu'à leurs liens profonds avec les Imagenae, ces grandes familles jouissaient d'avantages incomparables dans les Jeux Fabulunaires. Cela dit, comme il n'y avait pas dans le Pictomonde de ressources disputées, le rôle du Roi du divertissement tint davantage de la coordination que de la domination ; ce n'était au fond qu'un titre honorifique destiné à l'amusement de tous. Les grandes familles se concentraient en réalité davantage sur le maintien de l'ordre public et la gestion des activités de production et commerciales quotidiennes (d'une certaine manière, elles devaient aussi gérer le chaos créé par les Jeux Fabulunaires). En parallèle, l'essence même de ces jeux, vouée à la quête de l'allégresse et à l'exaucement des vœux populaires, fit obstacle à toute velléité de monopole. Ainsi, bien que les aristocrates aient eu plus de facilité à participer aux Jeux Fabulunaires, le scénario dépeint dans les médias de divertissement ultérieurs, où les Jeux étaient exclusivement dominés par la noblesse, ne s'est jamais réellement produit. Lecture complémentaire Dans l'extase du rite, on danse pour les dieux, Les masques changent de souverain au gré des Envieux. Toutes les couleurs se fanent et s'évanouissent dans les cieux, Seule la lune demeure, immuable à nos yeux. — Slay Haleir Il s'agit d'un court poème de Slay Haleir, illustre poète de la fin de l'ère de la toile. Ces vers dépeignaient le déclin des anciennes lignées aristocratiques et le bouleversement des époques, survenus après que la Corporation pour la Paix Interastrale eut repêché l'Ancien monde pour le ramener à la réalité. Pour aller plus loin 1. Quelles sont les nuances qui distinguent les Jeux Fabulunaires d'autrefois de ceux d'aujourd'hui ? 2. En tant que Roi du divertissement, quel chapitre inédit choisiriez-vous d'écrire pour ce monde ?
