Aubade d'astre et de lune
BRACER
Rêve d'offrande sous la lune
Il fut un temps où les roues d'argent qui guidaient les cieux primordiaux étaient encore au nombre de trois. À cette époque, les lois venues des cieux n'étaient pas encore établies, et les limites de l'humanité n'avaient pas encore été définies. Les fils et les filles des dieux étaient dispersés à travers les jardins et les vallées nouvellement créés. Ils étaient innombrables. Les messagères divines vivaient parmi les ignorants mortels plongés dans l'obscurité, et répandaient prospérité et sagesse. En fin de compte, la prospérité promise par les dieux alluma la flamme de l'intellect, qui à son tour éveilla les murmures du doute. En quête de réponses, le peuple choisit ses prêtres. Par crainte de ces réponses, les prêtres oignirent leurs rois. La folie des mortels provoqua la colère des émissaires divins. Face à leurs questions, les envoyés des dieux gardèrent le silence. Et ainsi le peuple leva les yeux vers le ciel, offrant des sacrifices aux trois lunes brillantes dans la nuit sombre et sans soleil. Dans le ciel nocturne, les filles des rêves et de la poésie montaient une garde vigilante et incessante sur chaque changement du monde des mortels. Dans le profond sommeil du Royaume d'Arianrhod, au pied de l'escalier aux soixante-dix marches, près des vases d'argent étincelants. Jusqu'à ce qu'elles découvrent que les cœurs de ces pauvres petits humains tremblaient aussi lors des séismes lunaires... La nuit posa son regard sur la terre, tout comme jadis les étoiles argentées guidaient la route des vaisseaux célestes des dragons. Elles rapportèrent la folie et l'inspiration sous le clair de lune. C'était une réponse que l'ordre ne pouvait donner. Lorsque l'étoile du matin se leva à nouveau, la grande prêtresse redescendit du sommet de la montagne avec un petit talisman circulaire. Ce « disque lunaire » était le nouveau pacte entre les trois lunes et le peuple.
